Si Colette vivait aujourd’hui, elle serait probablement célébrée sur Instagram en tant qu’icône des amoureux des chats. Ses félins poseraient élégamment sur des fauteuils Art déco, accumulant des likes par milliers. Mais en son temps, cette passion pour les chats n’était pas seulement incomprise : elle faisait jaser. Colette, avant-gardiste dans bien des domaines, a été l’objet de critiques acerbes pour son amour sans limites pour ses compagnons à moustaches.
Une passion assumée, mal vue par ses contemporains
À une époque où les animaux avaient encore une fonction utilitaire (le chat chassait les souris, point final), Colette leur vouait un amour poétique et spirituel. Dans ses écrits, les chats sont omniprésents. Elle les décrit comme des êtres libres, sensuels, et mystérieux. Ses contemporains, en revanche, voyaient dans cette obsession un signe de frivolité, voire d’excentricité excessive.
Aujourd’hui, les choses auraient été bien différentes. Avec la montée des “cat lovers” et du “pet parenting”, Colette aurait trouvé son public idéal. Elle aurait sans doute été invitée sur des plateaux télé pour parler de son lien unique avec les animaux, et ses livres seraient des classiques pour les propriétaires de chats cherchant à comprendre leur boule de poils.
Des chats comme alter ego
Colette n’a jamais caché qu’elle se voyait en ses félins. À leurs côtés, elle écrivait, méditait et, parfois, se laissait dominer. Car oui, pour Colette, le chat n’était pas un simple animal : il était une présence presque divine. “Je m’appartiens peu quand il me regarde”, écrit-elle dans La Chatte.
Les félins étaient aussi, pour elle, une métaphore de la féminité : libres, indépendants, mais souvent incompris. Et cela dérangeait. À une époque où la place des femmes était encore strictement définie, cette vision à contre-courant passait mal.
Une “cat lady” ou une pionnière du lien humain-animal ?
On peut se demander pourquoi Colette, écrivaine reconnue et femme de lettres accomplie, a été critiquée pour sa passion féline. Était-ce parce qu’elle transgressait les normes sociales de son temps ? Ou simplement parce qu’elle voyait en ses chats des égaux, une idée encore révolutionnaire ?
Aujourd’hui, alors que 80 % des Français considèrent leur animal comme un membre de la famille, Colette serait saluée pour avoir su, avant tout le monde, percevoir cette relation si particulière entre humains et animaux.
Les chats de Colette, immortels dans ses écrits
Heureusement, Colette a su capturer son amour des chats dans des pages inoubliables. La Chatte reste une œuvre magistrale où la relation entre l’homme, la femme, et l’animal est explorée avec une subtilité rare. Ses descriptions des chats, empreintes d’humour et de tendresse, résonnent encore aujourd’hui.
Colette n’était pas une “cat lady” excentrique. Elle était une visionnaire, une amoureuse des chats avant que cela ne devienne tendance, et une exploratrice des liens entre humains et animaux. Les critiques ? Elles semblent bien futiles aujourd’hui face à l’héritage qu’elle nous a laissé.
Les chats de Colette continuent de nous inspirer. Et si elle vivait aujourd’hui, elle serait probablement en train de rédiger un billet intitulé : “Pourquoi vos chats vous comprennent mieux que vous-même”.
Pour aller plus loin :
• La Chatte (1933), un roman où le chat devient un personnage central.
• Dialogues de bêtes, un recueil où chiens et chats prennent la parole.
• Les lettres et anecdotes de Colette, où ses félins, de Kiki-la-Doucette à Saha, sont omniprésents.
