La famille n’est plus ce qu’elle était. Jadis restreinte au modèle traditionnel des parents et enfants, elle s’élargit aujourd’hui à des configurations bien plus variées. Au cœur de cette transformation ? Nos chiens et chats, qui jouent un rôle de plus en plus central dans le foyer. Mais que signifie cette évolution sur le plan social, psychologique et culturel ? En quoi nos animaux redéfinissent-ils l’idée même de parenté et de famille ? Avis d’experts, témoignages et tendances actuelles pour comprendre un phénomène en pleine expansion.
Une place centrale dans le foyer
Selon une enquête de FACCO/TNS Sofres (2023), 80 % des propriétaires de chiens et de chats considèrent leurs animaux comme des membres à part entière de la famille. Cette proximité va bien au-delà des simples câlins devant la télévision : elle transforme la dynamique du foyer. Nathalie, mère de deux adolescents et propriétaire d’un Golden Retriever nommé Oscar, raconte que leur chien est devenu le médiateur familial. « Quand les tensions montent à table, c’est lui qui calme tout le monde, juste par sa présence. » Cette anecdote est loin d’être unique. Le chien ou le chat joue souvent le rôle d’un trait d’union affectif, un médiateur émotionnel qui réduit le stress et renforce les liens dans une famille avec des animaux.
Le concept des Zoozoos
Les Anglo-saxons parlent de “pet parents” pour désigner ces propriétaires qui traitent leur animal comme un enfant. En France, le terme n’a pas d’équivalent direct, mais le mot « Zoozoo », que votre blog revendique, capture bien cette transformation des rôles. Le chien n’est plus un simple compagnon de chasse ou de garde ; il devient un enfant adoptif. En témoigne par exemple l’essor des assurances santé pour animaux, des poussettes pour chiens ou des anniversaires fêtés avec gâteaux personnalisés, autant d’indices d’une véritable parentalisation. Ainsi, on peut dire que les chiens et chats se considèrent vraiment comme des animaux en famille.
Une influence sur les choix de vie
Les animaux influencent même des décisions aussi fondamentales que la composition familiale.
Hélène Gateau, vétérinaire et journaliste, a exploré ce sujet dans son livre “Pourquoi j’ai choisi d’avoir un chien (et pas un enfant)” (Albin Michel). Elle y raconte : « Mon chien m’apporte une affection sincère, sans les contraintes de l’éducation humaine. » Ce type de réflexion s’inscrit dans une tendance où le chien ou le chat devient une alternative aux enfants pour certains adultes, mettant en évidence le rôle des animaux dans la famille.
Un impact sur le droit et la société
L’évolution de la perception des animaux modifie aussi le paysage juridique. En France, depuis 2015, le Code civil reconnaît les animaux comme des êtres vivants doués de sensibilité. Cela ouvre la porte à des discussions sur les droits successoraux ou le droit de garde en cas de divorce, un débat déjà très avancé aux États-Unis. Cela est particulièrement pertinent pour la question des animaux dans la famille.
Les limites du modèle familial animalier
Mais où se situe la limite ? Le Dr Charles Stépanoff, anthropologue, note dans un podcast sur Arte Radio (L’amour warf) que l’anthropomorphisme excessif peut conduire à des dérives. « Le risque est de projeter nos besoins affectifs sans tenir compte des véritables besoins de l’animal. » Il souligne que les fêtes d’anniversaire ou les repas de Noël organisés pour des chiens peuvent parfois induire un stress inutile. Ainsi, même si les animaux sont en famille, il est importants de respecter leurs besoins réels.
