laying flowers over a tombstone

Crématoriums et cimetières pour animaux : comprendre cette évolution

Des fleurs sur une tombe. Une plaque avec le nom «Charly » gravé. Des maîtres qui viennent régulièrement se recueillir. Cette scène, autrefois réservée aux humains, est aujourd’hui de plus en plus fréquente pour nos animaux de compagnie. En France, les crématoriums et cimetières animaliers, également appelés créatoriums pour animaux-cimetières pour animaux, se multiplient depuis plusieurs décennies. Mais que signifie cette évolution, et pourquoi certains n’hésitent-ils pas à dépenser plusieurs centaines d’euros pour offrir un dernier adieu à leur chien ou leur chat ?

Un marché en pleine expansion

Il existe aujourd’hui environ 30 cimetières pour animaux en France, le plus célèbre étant le cimetière des chiens d’Asnières-sur-Seine, ouvert en 1899 et classé monument historique. Côté crématoriums, on en dénombre désormais plus d’une cinquantaine. Si d’aucuns dénoncent une marchandisation du deuil animalier (coûts élevés et standardisation des services funéraires), ces lieux spécialisés répondent à une demande croissante : plus de 200 000 animaux y sont incinérés chaque année. Les tarifs varient selon le type de service choisi :
• Incinération collective : entre 50 et 150 € (sans récupération des cendres).
• Incinération individuelle avec urne : de 200 à 500 €.

Cette hausse de la demande s’explique par une évolution majeure : la place de l’animal dans nos vies. Longtemps considéré comme un bien, il est aujourd’hui perçu comme un membre à part entière de la famille. Selon une étude de 2023 (IFOP), 80 % des Français considèrent leur animal comme un proche, et cette relation se poursuit parfois au-delà de la mort.

Pourquoi ce besoin de cérémonies funéraires pour animaux ?

Le phénomène des crématoriums et cimetières pour animaux traduit un attachement émotionnel profond, mais il soulève aussi des interrogations anthropologiques. Selon Boris Cyrulnik, ce type de rituel permet aux maîtres d’exprimer leur deuil dans un cadre symbolique. « Perdre un animal peut être aussi douloureux que perdre un ami proche », explique-t-il. Pourtant, la douleur est souvent minimisée socialement. Les cimetières pour animaux offrent un espace où cette peine est reconnue.

De plus, la question environnementale joue un rôle. En France, il est illégal d’enterrer un animal de plus de 40 kg chez soi. Pour les plus petits, des restrictions s’appliquent : il faut respecter une distance d’au moins 35 mètres des habitations et recouvrir le corps avec au moins 50 cm de terre. Face à ces contraintes, la crémation apparaît comme une solution plus simple et respectueuse.

Quand la personnalisation devient extravagance

Certains poussent l’hommage très loin : des urnes en forme de statue de l’animal, des bijoux contenant des cendres ou encore des cérémonies d’adieu dignes de films hollywoodiens. Ces services, proposés par des entreprises comme Adieu Fido ou Ciel Animal, peuvent faire grimper la facture à plusieurs milliers d’euros. Une dérive ou une simple preuve d’amour ? Le débat reste ouvert. Mais une chose est sûre :l es crématoriums et cimetières pour animaux sont bien plus que des lieux pratiques : ils reflètent une transformation profonde de notre relation aux animaux. Que l’on trouve cela excessif ou touchant, force est de constater que nos compagnons à quatre pattes ne sont plus seulement des animaux. Ils sont des membres de la famille… même après leur dernier souffle.

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